Au sommet de la colline de Vézelay, la basilique Sainte-Marie-Madeleine est un chef d’œuvre architectural, attesté par l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial, en 1979, du Bien « Basilique et colline de Vézelay ».
De plan allongé, l’église abbatiale est composée de quatre espaces se succédant et qui, de l’ouest vers l’est, marquent le cheminement spirituel depuis l’extérieur, profane, vers l’espace le plus sacré, le choeur :
• le massif occidental (narthex), de plan carré (3 travées sur 3), daté de 1132 environ ;
• la nef flanquée de ses collatéraux, longue de 10 travées, partie la plus ancienne de l’ensemble et bâtie entre 1120 et 1138 ;
• le transept, de même facture que le choeur ;
• le choeur, de plan semi-circulaire allongé, à déambulatoire et chapelles rayonnantes, partie la plus récente de l’ensemble pouvant avoir été bâti à partir de 1185.
Joyau de l’art roman, la basilique Sainte-Marie-Madeleine constitue un témoignage des savoir-faire médiévaux en matière de construction. Son architecture joue avec la course du soleil de sorte que, lors du solstice d’été, la nef est illuminée par un « chemin de lumière ». Ce phénomène s’explique par l’architecture toute particulière de l’édifice qui permet à la lumière venant des fenêtres hautes de frapper le sol de la nef en son centre.
Véritable livre de pierre, elle conserve aujourd’hui des portails et chapiteaux sculptés et historiés d’une rare finesse qui font de la Madeleine un élément majeur de l’histoire de la sculpture médiévale française.
L’architecture de la Madeleine telle que nous pouvons l’observer aujourd’hui est donc un subtil mélange d’architectures romane et gothique, marqué de l’empreinte des travaux de conservation menés par Eugène Viollet-le-Duc de 1840 à 1859, à l’instigation de l’écrivain Prosper Mérimée, Inspecteur des Monuments Historiques. L’architecte appartient à l’histoire des lieux tant il a marqué la Madeleine de l’empreinte de son intervention, notamment sur la façade occidentale de la basilique. Ce chantier a constitué la première grande restauration d’un monument historique.
Témoignage de cet important programme de restauration de la basilique, le Musée de l’Œuvre Viollet-le-Duc, situé dans l’ancien dortoir des Moines, présente de nombreuses sculptures originales : chapiteaux, grands éléments de la façade et statues polychromes du XVIIe, trop abimés ou trop fragiles pour rester en place. La découverte de ces pièces permet de percevoir la qualité du travail de la pierre, la richesse de l’imaginaire médiéval et de comprendre la visée didactique des chapiteaux historiés.